mercredi 18 février 2015

Antibiotiques : gare à la résistance des bactéries !

En réponse à l’utilisation toujours plus massive des antibiotiques en France, l’Institut de Veille sanitaire tire la sonnette d’alarme, et publie un rapport inquiétant sur les résistances bactériennes. Explications.




A l'occasion de la journée européenne d'information sur les antibiotiques de ce 18 Février 2015, l'Institut de Veille Sanitaire (INVS) et l'Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) publient un rapport alarmant sur la consommation d'antibiotiques et la résistance bactérienne qui en résulte.
Les données issues du secteur hospitalier et de ville (médecins en cabinets) rassemblées ici font état de la consommation d'antibiotiques sur une période de 10 ans, de 2003 à 2013.

Une consommation en hausse depuis 2010, surtout en ville

Le rapport confirme la tendance à la hausse de la consommation d'antibiotiques en France, particulièrement en ville. Les pénicillines constituent la classe d'antibiotiques la plus utilisée, alors que l'association de l'amoxicilline à l'acide clavulanique est la plus prescrite en établissement de santé. A l'hôpital, la consommation de céphalosporines progresse, ainsi que celles des carbapénèmes, antibiotiques utilisés lorsque tous les autres ont échoué à stopper l'infection.

Une résistance qui menace l'efficacité des traitements

Selon l'INVS et l'ANSM, « l'utilisation massive d'antibiotiques génère au fil du temps l'apparition et la diffusion de résistances bactériennes qui menacent l'efficacité des traitements ». En d'autres termes, les bactéries finissent par réussir à déjouer les antibiotiques, en développant des systèmes de défense très efficaces.
D'après l'Inserm, ces résistances d'abord ponctuelles sont devenues « massives et préoccupantes ». Certaines souches bactériennes sont alors devenues multi-résistantes voire toto-résistantes : elles résistent à plusieurs voire à tous les antibiotiques disponibles. Dans ce cas, les médecins sont dans une impasse thérapeutique, et ne disposent d'aucune solution pour lutter efficacement contre l'infection.

Nécessité d'une vigilance et d'une mobilisation durables

Le rapport souligne que les données sont encourageantes concernant le pneumocoque (responsable de pneumonies, sinusites, otites, méningites ou encore de conjonctivites), mais aussi pour le staphylocoque (infections cutanées ou septicémies dans les cas les plus graves).
Cependant, « une vigilance renforcée est nécessaire pour les entérobactéries », des bactéries résidant principalement dans le tube digestif. Escherichia Coli en est une, et est responsable de la plus fréquente des infections à l'hôpital comme en ville : l'infection urinaire.
Enfin, « l'émergence de résistances bactériennes dirigées contre les carbapénèmes, des antibiotiques dits ‘‘de dernier recours'' est particulièrement préoccupante » indique le rapport.
L'INVS et l'ANSM appellent les professionnels de santé et le grand public à un meilleur usage des antibiotiques, en quantité comme en termes de durée de traitement.

Pour préserver l'efficacité des antibiotiques, « une mobilisation durable et déterminée de tous les acteurs, prescripteurs, patients et pouvoirs publics est indispensable » conclut le rapport.

Sida : 25% des malades sont discriminés

En France, une personne sur quatre atteinte du sida est discriminée, selon un rapport de l’Institut national d’études démographiques (Ined). Les traitements contrôlent l’infection mais cela ne suffit pas à leur assurer une vie normale.



Un quart des malades atteint du sida sont discriminés au travail, chez le médecin, à l'hôpital, et en famille. Pourtant, en France, les personnes vivant avec le VIH, c'est-à-dire séropositives, ont accès à des traitements antirétroviraux qui contrôlent l'infection et devraient leur assurer une vie normale.
«Les résultats de notre enquête prouve que ce n'est malheureusement pas le cas », s'indigne Élise Marsicano, chercheuse à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Ined) et auteur de l'étude.
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé l'enquête ANRS-Vespa2 représentative de la population séropositive suivie à l'hôpital en France métropolitaine en 2011. Réalisée auprès de 3000 séropositifs, elle a permis de mesurer la fréquence et la nature des diverses formes de discriminations envers les personnes séropositives. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes représentaient 40 % de la population séropositive étudiée, les hommes et les femmes immigrés d'Afrique subsaharienne 24 % (8 % et 16 %), et les hommes et les femmes usagers de drogue injectables 11 % (7 % et 4 %). Les hommes et les femmes hétérosexuels non immigrés d'Afrique subsaharienne représentaient 26 % de la population séropositive.

Des chiffres alarmants

Un quart des personnes séropositives vivant en France ont déclaré avoir subi des discriminations au cours des deux années précédentes. Le principal motif de rejet est la séropositivité elle-même. Viennent ensuite la couleur de peau, les origines ou la nationalité, ainsi que l'orientation sexuelle.
Les femmes séropositives immigrées d'Afrique subsaharienne et les usagères de drogue sont près de 4 sur 10 à témoigner de discriminations. En revanche, les hommes séropositifs hétérosexuels non immigrés d'Afrique subsaharienne ne sont qu'un peu plus d'un sur dix dans ce cas.

Plus surprenant encore, 11% des personnes séropositives déclarent avoir subi des traitements discriminatoires au sein de leur famille, 8 % dans les services de santé et 6 % sur leur lieu de travail.

Cancer du foie : il peut aussi être provoqué par le dentifrice

Certains dentifrices antibactériens pourraient favoriser l’apparition du cancer du foie, selon une nouvelle étude scientifique américaine.




L'antibactérien triclosan présent dans le savon, les dentifrices, les détergents, les tapis, les peintures, les fournitures scolaires et même les couettes était déjà soupçonné de perturber les grossesses et le développement du foetus. En septembre dernier, les chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avaient révélé que le triclosan perturbait la croissance des bébés garçons in utero.
Cet antibactérien favorisait aussi l'apparition du cancer, selon les résultats d'une nouvelle étude menée sur des souris et publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Science.
Les chercheurs de l'Université de Californie ont réalisé une expérience pour comprendre les effets du triclosan sur les souris. Les rongeurs ont été mis en contact avec cet antibactérien pendant 6 mois, l'équivalent de 18 ans pour les humains. Les résultats de l'étude ont montré que l'exposition au triclosan favorisait l'apparition de tumeurs du foie chez les souris.
«Le triclosan est dommageable pour le foie car il interfère avec une protéine appelée récepteur constitutive androstane, qui aide à détoxifier le sang. Pour compenser cette interférence, le foie produit trop de cellules, ce qui provoque la fibrose et le cancer » explique Dr Robert Turkey, professeur au département de Chimie et Biochimie à l'Université de Californie, auteur de l'étude.
« Le triclosan est de plus en plus utilisé dans des produits grand public, ce qui pourrait inverser les faibles bénéfices qu'il apporte et présenter un vrai risque de toxicité pour les personnes », rappelle-t-il. «Les dernières découvertes sur les effets néfaste du triclosan devraient modifier les conseils aux consommateurs », ajoute le professeur Bruce Hammock, professeur d'entomologie de l'Université de Californie, co-auteur de l'étude.
"Nous pourrions réduire la plupart des expositions humaines et environnementales en éliminant les produits où le triclosan est fortement concentré mais de faible intérêt, tels que les savons liquides pour les mains," a insisté le professeur Hammock.



Les patients atteints de troubles mentaux sont plus souvent hospitalisés

Les patients atteints de maladies mentales sont plus souvent hospitalisés que les autres, selon les résultats d’une étude de l’Inserm.





Les chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont analysé les arrêts de travail liés aux troubles mentaux de 15 800 volontaires. Ils les ont comparés aux taux d'hospitalisation dus aux infarctus du myocarde, aux accidents vasculaires cérébraux et aux cancers.
Les résultats de cette étude révèlent que les personnes ayant eu un arrêt de travail pour troubles mentaux (environ 14% des participants) avaient, par rapport aux autres, un sur-risque de 20% d'être hospitalisés pour des causes sans rapport avec les troubles psychiques. Le sur-risque d'hospitalisation pour un infarctus du myocarde était de 44% et celui pour un accident vasculaire cérébral de 37%. En revanche, il n'existe pas de différence entre les deux groupes pour le cancer.
"Nous savons que les individus atteints de maladie mentale sont plus vulnérables et présentent davantage de facteurs de risque notamment cardiovasculaires. Ils ont par exemple plus tendance à fumer, à avoir des taux plus élevés de pathologies traitées et non-traitées : cardiaques, respiratoires, endocrines et métaboliques. C'est la raison pour laquelle nous avons pris en compte dans nos analyses l'âge, le sexe, le statut socio-économique et marital, le mode de vie, l'état de santé perçu et les maladies somatiques. Et les résultats sont indépendants de ces facteurs" explique Marine Azevedo Da Silva, chercheuse au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations.

Un sur risque dû à une prise en charge mal adaptée

Le taux élevé d'hospitalisation des malades atteints de troubles mentaux serait dû à une prise en charge mal adaptée des patients. Les professionnels de santé seraient trop concentrés sur les problèmes psychiques des patients au lieu de réaliser une consultation médicale plus générale.
« Il est possible que la prise en charge de ces personnes soit mal adaptée. D'une part parce que les personnes souffrant de maladie mentale ont plus de difficultés que les autres à exprimer ou décrire leurs problèmes de santé et symptômes. D'autre part parce qu'il est possible que les professionnels de santé se concentrent sur les problèmes de santé mentale qui demandent un grand investissement, en négligeant les autres problèmes de santé » estime la chercheuse.
« Les professionnels de santé mentale et somatique doivent travailler ensemble afin d'offrir une prise en charge globale aux personnes atteintes de troubles mentaux », conclut la chercheuse.

Les femmes abusent des médicaments sur ordonnance

Les femmes consomment trop de médicaments sur ordonnance, hors prescription médicale, selon les résultats d’une étude réalisée par le Conseil de l’Europe.


Les femmes auraient tendance à abuser en automédication de la consommation de médicaments prescrits par ordonnance. Antidouleurs, tranquillisants, somnifères, antidépresseurs, les femmes plus que les hommes abusent de ces traitements hors prescription médicale.
Réalisée dans 17 pays, cette étude apporte des éléments nouveaux sur l'usage non médical de médicaments délivrés sur ordonnance.
La consommation de médicaments délivrés sur ordonnance est plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans la population générale, et les filles ont tendance à recourir plus que les garçons à l'usage non médical de médicaments délivrés sur ordonnance.
En France, 15% des jeunes femmes, contre 8% des jeunes hommes, feraient un usage abusif des médicaments soumis à prescription, selon l'étude qui tire ses chiffres d'un rapport Baromètre Santé de 2010. En Lituanie près d'une jeune femme sur cinq (19%) ferait un usage abusif de ces médicaments contre 7% d'hommes, et au Pays-Bas elles seraient 11% pour 6% d'hommes.
«Les résultats de cette étude ont permis de constater une différence importante selon le sexe en matière d'automédication», explique la professeure Marilyn Clark de l'Université de Malte, coordinatrice du projet de recherche rédigé pour le Groupe de coopération en matière de lutte contre l'abus et le trafic illicite de stupéfiants (Groupe Pompidou) du Conseil de l'Europe.
Les conclusions de l'étude révèlent aussi que la consommation de médicaments délivrés sur ordonnance augmente avec l'âge : la trentaine représente une période à risque « plus probable » . Elle indique aussi que la source la plus courante de médicaments délivrés sur ordonnance est un médecin, mais la source suivante est « un(e) ami(e) ou un(e) proche » laissant entendre une relative facilité d'acquisition.
«La plupart de ces pays prennent en considération l'usage non médical des médicaments délivrés sur ordonnance dans leur politique nationale en matière de drogues et de médicaments, mais il n'existe ni en Europe, ni dans la région méditerranéenne une surveillance uniformisée de l'usage de ces derniers » conclut la professeure Marilyn Clark, coordinatrice du projet.

mardi 17 février 2015

Urgences : 8 patients sur 10 sont vus dans les 20 minutes

Le nombre de passages aux Urgences est passé de 14 millions en 2002 à 18 millions en 2011. Pourtant, malgré cette augmentation, 8 personnes sur 10 qui arrivent aux Urgences sont vues dans les 20 minutes. Ce sont les statisticiens de la Dress qui le disent.




La Direction de la recherche, des études de l'évaluation et des statistiques (DREES) a inscrit à son programme d'études pour 2013 la réalisation d'une enquête nationale sur les urgences hospitalières. La précédente enquête datait de 2003 mais, entretemps, le nombre de passages aux Urgences n'a cessé d'augmenter, passant de 14 millions en 2002 à 18 millions en 2011. "Il a donc paru opportun de réaliser une nouvelle enquête nationale pour actualiser la description des caractéristiques médicales des patients pris en charge et caractériser les éventuelles difficultés des urgences" souligne la Dress.

Une enquête sur une journée

Cette enquête a eu lieu sur une journée, le 11 juin 2013 (autant dire en dehors des périodes d'épidémies de grippe, de gastro et de bronchiolite qui engorgent les services d'urgence en hiver). L'ensemble des patients se présentant entre 8 heures le jour de l'enquête et 8 heures le lendemain matin a été interrogé. Au total, 52 018 passages aux urgences ont été enregistrés dans 734 des 736 points d'accueil existants.
Globalement, selon les statistiques de la Dress, 7 personnes sur 10 qui se présentent aux urgences sont vues dans les 10 minutes et 8 sur 10 sont vues dans les 20 minutes. "Les délais moyens, cela ne représente rien pour nous, urgentistes", commente le Dr François Braun, président de SAMU-Urgences de France, interrogé par Le Figaro. "Si c'est grave, le patient ne doit pas attendre. 15 minutes d'attente pour un infarctus du myocarde, c'est trop. Pour une crise d'angoisse, c'est gênant, mais c'est tolérable", ajoute-t-il.
Toujours selon la Dress, le délai d'attente de 30 minutes avant évaluation, est dépassé une fois sur 10, sauf pour ceux qui se présentent entre minuit et 8 heures du matin, créneau horaire où il y a moins de passage mais où les situations sont souvent plus graves.
Une fois que la personne a été évaluée, le temps de prise en charge varie en fonction des soins qui viennent en complément de la consultation. Lorsqu'il s'agit d'une consultation simple il est de 76 minutes mais passe à 95 minutes lorsqu'un avis spécialisé est requis et à 106 minutes lorsqu'un examen, comme une radiographie, s'avère indispensable. Enfin, Lorsqu'un acte de biologie comme une analyse de sang est nécessaire, le délai de prise en charge atteint presque trois heures (168 minutes).

Qui vient aux Urgences

Au cours de cette journée du 11 juin 2013, 62 % des patients sont venus de leur propre initiative ou sur les conseils d'un proche, 24 % sur les conseils d'un médecin et 15 % sur les conseils du Samu. Seul 1 % des patients est a directement été amené par une ambulance du service médical d'urgence.

Une fois sur quatre le recours aux urgences se fait pour bénéficier d'une prise en charge rapide et une fois sur huit pour bénéficier d'une consultation spécialisée.

Les jus de fruits souvent aussi sucrés que les sodas

Si vous faites attention à votre apport journalier en sucre ou à votre ligne, attention aux jus de fruits et aux smoothies vendus en grande surface. Ils sont très souvent trop sucrés, selon une nouvelle étude scientifique britannique.




La plupart des jus de fruits sont plus sucrés que les sodas, selon les résultats d'une grande enquête réalisée par Action on Sugar, une association de chercheurs britanniques qui travaillent sur les effets du sucre sur la santé.
Les scientifiques ont analysé la composition et mesuré le taux de sucre de 203 jus de fruits, boissons à base de jus de fruits et smoothies destinés aux enfants et vendus comme bons pour la santé. Les résultats de leur enquête sont édifiants.

Trop de sucre dans les jus de fruits industriels

Un quart des boissons testés (57) contenaient autant voire plus de sucre que le Cola, soit 10,6 g de sucre pour 100 ml (5 cuillères à café dans 200ml) et certaines renfermaient même jusqu'à 8 cuillères à café de sucre, soit une fois et demi plus que le soda !
«C'est un scandale que ces boissons soient vendues comme étant saines pour les enfants et les parents. Cela doit cesser. Nous devons mettre un terme à la spirale complètement hors de contrôle de l'épidémie d'obésité infantile en Angleterre», s'indigne le Pr Graham MacGregor, de la Queen Mary Unisversity of London, et président de Action on Sugar.
D'autant plus que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment appelé à diminuer nos apports en sucres, pour que ceux-ci ne constituent plus que 5% de nos apports caloriques journaliers (contre 10% auparavant), pour lutter contre l'obésité et les caries. Il est donc recommandé de ne pas dépasser la dose quotidienne de 6 morceaux de sucre pour les adultes et 3 pour les enfants.
Et comme le rappelle l'organisation, une grande part des sucres consommés aujourd'hui sont "cachés" dans des aliments transformés qui ne sont pas toujours considérés comme des sucreries. Par exemple, 1 cuillère à soupe de ketchup contient environ 1 morceau de sucre.

La seule solution pour éviter le surdosage de sucre est de presser ses jus de fruits et de préparer ses smoothies maison.